Julien Lizeroux

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"J'ai fait mon job..."

Publié le 13 mars 2010

Jusqu'au bout, cette saison aura tenu toutes ses promesses... quel dénouement incroyable!
9ème après la première manche (Herbst : 10ème), Julien n'avait plus d'autre choix que de tout lâcher sur le deuxième tracé.
Comme lui seul sait le faire, il a sorti une deuxième manche de folie, pleine d'énergie, de maitrise et d'intelligence sur ce mur vertigineux de Garmisch. Arrivé avec 1 sec 29 d'avance sur Herbst, le plus dur était fait.

On a alors tous pensé que le globe était à portée de bâton... mais l'histoire voudra que son pote Felix Neureuther, Andre Myrher et Manfred Pranger lui passent devant, le privant de quelques points précieux pour le globe.
Julien n'était qu'à 16 centième d'une deuxième place qui lui aurait offert le sacre...
Il a tout donné, comme il l'a fait toute la saison, et n'a aucun regret à la sortie de ce dernier week-end avant la trève.
C'est de loin le skieur le plus régulier de la saison (Plus mauvais résultat, une 7ème place!), mais félicitons Reinfried Herbst pour son globe : il a su prendre de gros points sur certaines courses grâce à ses victoires, et être solide dans les moments stratégiques de la saison.
Nous l'avons encore vu aujourd'hui, le niveau mondial du slalom masculin est plus élevé que jamais... Julien, JB (de retour de blessure) ainsi que Steve Missilier (en constante progression) auront à coeur de se battre pour la gagne dès novembre à Levi ! Alors vivement la saison prochaine!!!!

Retrouvez les commentaires de Julien après sa course...

JULIEN LIZEROUX , êtes-vous passé par toutes sortes d'émotions ?
J.L. : Je ne sais s'il y a beaucoup de sports qui peuvent apporter ce genre de sensations mais j'étais complétement vidé en bas. Même avant les JO, j'ai eu un bon contrecoup du mois de janvier. Aujourd'hui, quand j'étais au départ de la seconde manche, je me suis dit cela ne sert à rien de le regarder skier (Reinfried Herbst). Je l'ai vu lever les bras alors j'en ai déduit qu'il était devant. J'ai juste eu envie de tout donner, de skier le plus vite que je pouvais. Je crois que c'était encore une sacrée manche. Le plus important est que je n'ai absolument aucun regret. J'ai tout donné. On vit des moments assez incroyables où les émotions montent et resdescendent.

Quel sentiment domine ?
J.L. : C'est sûr qu'aujourd'hui il y a un petit peu de déception, mais elle est vite effacée par la fierté de ce que j'ai fait cette saison. J'ai juste envie de dire bravo à Reinfried, car c'était lui le meilleur slalomeur de l'hiver, même si aujourd'hui cela ne s'est pas joué à grand chose. Je suis un peu émoussé mais après une petite coupure, je reviendrai avec le couteau entre les dents. J'ai hâte vraiment que tous nos blessés reviennent avec nous, qu'on puisse se prérarer sereinement. Je crois que nous avons encore de beaux hivers devant nous. Malgré l'épisode des jeux Olympiques, on s'est construit une vraie équipe depuis deux saisons. Moi, je continue ma progression 6e, 3e et 2e, on verra ce que cela donne l'année prochaine.

Quand vous avez passé la ligne avec plus d'une seconde sur Herbst , avez-vous cru en vos chances de gagner le globe ?
J.L. : Non, moi je suis très terre à terre. J'ai dit que j'étais tributaire des autres. Moi, j'ai fait mon job, il y en a qui ont fait mieux, je leur dis un grand bravo. Cela ne se joue pas à grand chose, mais il ne faut pas que cela efface la saison. Mon plus mauvais résultat en Coupe du monde cette saison est une septième place, je ne suis jamais sorti, puis je suis quand même deuxième mondial !

Que retenez-vous de votre hiver ?
J.L. : C'est une très belle saison. j'ai encore haussé mon niveau, gagné pas mal de maturité. A moi d'être encore un peu plus intelligent pour savoir gérer les courses d'une saison. Je dois être un peu l'homme des deuxièmes places. Je me suis forgé un caractère dans la difficulté. Rien ne s'obtient facilement, cela doit être ma marque de fabrique. Mais cela me rend plus fort, me donne plus envie de travailler et de me transcender pour grappiller les petites choses qui me séparent de la première place.

Eurosport - AFP

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